mercredi 11 novembre 2020

Biden, l’arbre qui cache la forêt?

C’est finalement fait, Joe Biden remplacera de toute évidence Donald Trump aux plus hautes fonctions du pays. Cependant, le futur locataire de la Maison-Blanche aurait tort de croire que les Américains lui ont signé un chèque en blanc, car somme toute, les résultats sont plutôt décevants lorsque pris dans leur ensemble. 

Il s’agit d’une défaite crève-cœur pour une bonne partie de l’électorat républicain qui, encouragée par son candidat défait, a maintenant l’impression de s’avoir fait voler l’élection, mais les tensions entre centristes et radicaux côté démocrate, qui avaient été mises de côté le temps de battre Donald Trump, ressurgissent maintenant que l’euphorie de la victoire s’est dissipée

Joe Biden, déjà exténué par la campagne, entamera son mandat dans une Amérique plus divisée que jamais aux prises avec des tensions raciales et une crise sanitaire sans précédent, mais surtout avec une marge de manœuvre limitée pour réaliser ses engagements. 

Un levier sur trois

Bien que le Président soit l’acteur le plus médiatisé de la politique américaine, on oublie que lui et son exécutif ont des pouvoirs limités sans l’appui des branches législatives et judiciaires. 

Or, Donald Trump a pris soin de nommer la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la plus haute Cour de justice du pays peu de temps avant son départ permettant ainsi à son parti de s’en assurer le contrôle pour les années à venir grâce à une majorité atteignant maintenant les six contre trois. 

Au Congrès, la majorité démocrate à la Chambre des représentants, déjà mince, devrait encore s’effriter de quelques sièges lorsque les résultats officiels seront annoncés pour n’en laisser qu’une poignée. Au Sénat, les démocrates ne semblent pas avoir fait les gains suffisants pour en reprendre le contrôle et les résultats préliminaires font entrevoir un futur Sénat à prédominance républicaine. 

Le seul espoir restant à la formation démocrate est de faire un sans-faute lors du second tour de l’État de Géorgie en janvier en raflant les deux postes de Sénateurs qui y sont à pourvoir et ainsi arracher une égalité au Sénat qui pourra être brisée par la Vice-Présidente Harris en cas d’impasse. 

Cette donne politique risque de laisser bien peu de latitude au Président Biden lors de la première partie de son mandat avant de pouvoir espérer d’éventuels gains lors des élections de mi-mandat de 2022. Toutefois, les pires nouvelles pour le Parti démocrate sont peut-être à chercher ailleurs. 

Des reculs à tous les niveaux

Si les yeux du monde entier étaient rivés sur la course à la Maison-Blanche, une autre lutte, tout aussi importante pour le citoyen américain, se déroulait au niveau des États avec le renouvellement d’une série de mandats électifs. Là encore, les nouvelles étaient mauvaises pour les démocrates. 

13 postes de Gouverneurs étaient à pourvoir lors de ces élections et la formation de Joe Biden a échoué à y faire des gains. Celle-ci perd même le Montana où le républicain Greg Gianforte a arraché la victoire et qui porte maintenant le nombre d’États rouge à 27. 

De plus, 86 des 99 chambres législatives étaient également en jeu lors de ce scrutin et les gains souhaités par les démocrates dans de nombreux États ne se sont pas concrétisés. Ceux-ci perdent les deux chambres du New Hampshire et la Chambre des représentants de l’Alaska. À la suite de ce scrutin, le Parti républicain contrôlera 62 assemblées législatives à travers le pays contre seulement 37 pour le Parti démocrate. 

Tout compte fait, ces élections auront même permis aux républicains de former davantage de gouvernements trifecta, où la même formation politique contrôle à la fois le poste de Gouverneur ainsi que la majorité des deux chambres, portant ce nombre à 24 contre 15 trifectas démocrates et 11 États où les deux partis se divisent les différents pouvoirs. 

Or, ces élections au niveau des États avaient une importance particulière, car ce sont ces législatures qui procéderont au nouveau découpage électoral des districts au niveau local, mais également à de la Chambre des représentants à Washington et permettra d’influencer le résultat des futures élections pour les 10 prochaines années. 

Bien qu’il ne faille pas minimiser la victoire historique de Joe Biden, le recul des démocrates est palpable à tous les niveaux de l'administration du pays. Si les démocrates ont finalement eu la tête de Donald Trump, ils l’auront payée de tout le reste. 

4 commentaires:

  1. Est-il vrai que dans certains états, il y a eu plus de votes -surtout votes par courriers que d'électeurs?

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    1. Cela reste à conformer, mais à Milwaukee, au Wisconsin, il y a des polls qui auraient plus de votes que de votants inscrits. Sinon plusieurs autres polls ont un taux de participation étonnant (+95%).

      https://county.milwaukee.gov/EN/County-Clerk/Off-Nav/Election-Results/Election-Results-Fall-2020

      Erreur, irrégularité, fraude ou seulement participation monstre? La Cour décidera.

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  2. J'admire vos recherche monsieur Lapierre. C'est intelligent et nous pousse à penser d'avantage.

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    1. Merci beaucoup pour ces bons mots! Vous avez fait ma journée! :D

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