mercredi 4 novembre 2020

Trump nous a encore fait le coup!

Donald Trump nous a encore fait le coup et a fait mentir les sondeurs qui le voyaient loin derrière dans les intentions de vote. Bien que les résultats finaux ne seront pas connus avant un certain temps, la vague bleue que prédisaient plusieurs sondages ne s’est pas matérialisée pour une deuxième fois de suite. Comment cela peut être possible? Comment peut-on expliquer un tel écart entre les prédictions et le résultat dans les urnes?

La première raison qui peut venir à l’esprit est la difficulté des sondeurs à cerner le vote républicain. La faute ne leur incombe pas complètement, les sondés sont également en cause. En fait, c’est près de 12% des républicains qui ne révèleraient pas leur vraie opinion politique lors d'un sondage téléphonique

Cela peut s’expliquer de plusieurs façons. Après des années de Trump bashing, certains ne font tout simplement plus confiance aux grands médias et hésite à leur dévoiler leurs intentions. D’autres encore ne sont tout simplement pas à l’aise d’exprimer ouvertement leur opinion politique, Donald Trump et ses partisans ont plusieurs étiquettes qui leur collent à la peau, un peu comme le Parti libéral du Québec à une certaine époque avec les soupçons de corruption. 

Les électeurs les plus modérés n’ont pas nécessairement envie d’être affublés des pires travers du Président américain et se contenteront de déposer discrètement un bulletin, une prime à l’urne difficile à jauger pour les sondeurs. 

Inversement, si la franche républicaine la plus modérée est timide, celle qui affiche ses couleurs est certainement plus enthousiaste à aller voter que leur pendant démocrate. Il est permis de croire que les républicains sont plus mobilisés et qu’ils ont été voter dans une plus grande proportion. Le parti démocrate a peut-être l’appui d’une plus grande portion de la population en générale, notamment chez les jeunes, mais si leur motivation n’est pas assez suffisante pour les amener à voter, leur appui moral est inutile. 

Les effets de la Covid-19 sur le vote

Au-delà d’un thème de campagne, la covid-19 est également une variable qui influence le vote de plusieurs manières. D’abord, les républicains n’ont pas aussi peur du virus que leurs adversaires démocrates. Dans les faits, un peu moins de 50% des républicains considèrent le virus comme une menace majeure contre 85% des démocrates. 

Le virus n’a pas empêché les partisans Donald Trump de voter en personne au jour du vote alors qu’il a peut-être refroidi certains démocrates qui comptaient se rendre au bureau de scrutin. Les démocrates ont aussi été plus enclins à voter par la poste. Or, le vote par la poste augmente le risque de voir son bulletin rejeté pour diverses raisons; bulletin mal rempli, problème de signature, etc. Lorsque la lutte est si serrée, chaque détail compte. 

Les minorités ne votent plus en bloc

Il fut un temps où le vote des minorités était acquis aux démocrates et il semble que celui-ci est révolu. Si on connaissait déjà l’appui des Cubains et des Vénézuéliens au parti républicain, il semble que le vote latino-américain est plus divisé que jamais, certains sondages affichaient même un appui allant jusqu’à 40% pour le candidat républicain. 

C’est également une tendance que l’on constate, dans une moindre mesure, avec le vote afro-américain. Je le disais dans une analyse précédente, plusieurs ne se reconnaissaient plus dans le mouvement Black Lives Matter et ne font pas des enjeux raciaux le centre de leur pensée politique et sont fatigués d’être pris pour acquis par le Parti démocrate. 

Qui aurait pu croire cela il y a encore 4 ans, Ice cube, 50 cents et d’autres rappeurs bien connus ont manifesté leur appui aux mesures prises par Président Trump pour aider économiquement la communauté afro-américaine. Peut-être que cet appui inattendu pour le candidat républicain a refroidi les ardeurs des électeurs les plus jeunes les moins motivés à voter pour Joe Biden spécialement dans la Rust Belt. Le même phénomène s’est peut-être aussi produit ailleurs avec d’autres personnalités. 

La question dans l’isoloir

La raison qui expliquerait le plus l’écart entre les sondages et la réalité est peut-être la difficulté de cerner les indécis, les vrais, ceux qui se décident une fois dans l’isoloir. Ici, je crois que la question dans l'isoloir a été de nature économique plutôt que sanitaire. Si tel est le cas, elle a largement favorisé le Président sortant qui en a fait le principal argument à sa réélection face à un Joe Biden masqué parlant de confinement. Avec une hausse de 33% du PIB américain au 3e trimestre, Trump a envoyé un signal clair quant à sa capacité à faire rebondir l'économie du pays. 

Il y a encore 8 mois, le chômage était au plus bas et le PIB au plus haut de toute l’histoire américaine. Alors que l’économie mondiale a été mise à mal par la pandémie, plusieurs indécis ont sûrement jugé que le Président Trump était le meilleur choix pour retrouver une prospérité économique pas si lointaine, quitte à compter les morts. 

1 commentaire:

  1. Donald Trump est le politicien le plus sous estime aux ETATS UNIS, il a renove les conferences de presse, la communication de la Maison Blanche, l'intimidation militaire, les alliances classiques. Il a bouscule le jeu, renvoye les chefs de groupe qui ne lui etait pas acquis,REMIS DE L'ORDRE en Amerique, et on le traite d'animateur de plateau de television. Desole, ni Nicolas Hulot, ni George Desir n'ont eu un tel impact dans leurs pays respectifs.

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