lundi 22 février 2021

Les États, seuls acteurs de la mondialisation?

Les États ne sont plus les seuls acteurs qui prennent une part active au processus de mondialisation. Il y a aussi les grandes entreprises multinationales, les organisations internationales et les grands groupes régionaux comme l'Union européenne, les grandes agglomérations qui tissent des liens entre elles, les diasporas marchandes ou financière, les organisations non gouvernementales et la communauté scientifique qui aussi stimule le processus de mondialisation. 

Bien que la première mondialisation contemporaine, qui commença à partir de 1945, était principalement le fait des États, la seconde mondialisation a vu fleurir une kyrielle d'acteurs qui accélèrent ce processus. Le processus de mondialisation change la donne mondiale en faisant de l'interdépendance un principe actif du jeu international. 
 
Pour illustrer ce phénomène de multiplication des acteurs par quelques chiffres, notons qu'il existe 77 000 multinationales venant de 47 pays qui contrôlent 770 000 filiales dans 175 pays. Il existe plus de 38 000 organisations non gouvernementales opérant sur la scène internationale, en plus d'environ 300 organisations internationales. Les États, quant à eux, sont moins de 200. Tous ces acteurs contribuent à diluer la puissance et la rendre plus diffuse. Certains iront jusqu'à dire qu'ils ont brisé le lien entre puissance et territoire. 
 
Cette perte de puissance des États dans le processus de mondialisation se fait particulièrement remarquer dans la sphère économique. En 2010, 58% des 150 plus grandes puissances économiques, tant qu'États que d'entreprises privées, étaient exclusivement privées. La même année, la pétrolière Shell déclarait des profits équivalant à la valeur commerciale générée par l'Afrique du Sud, l'Argentine et l'Autriche réunies. Il va sans dire que ce genre de poids lourd économique pèse dans la mondialisation économique. 
 
D'un autre côté, les organisations internationales jouent aussi une part active dans le processus. Nous ne pouvons pas passer sous silence le rôle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en la matière. Les différents cycles de négociation ayant pour but la libéralisation des échanges internationaux ou la suppression progressive des subventions aux exportations agricoles des pays riches montrent bien le rôle prépondérant qu'a l'organisation quant à la régulation des échanges mondiaux. 
 
En contribuant à rédiger le droit international sur des principes issus de l'idéologie libérale, l'organisation accélère le processus de la mondialisation bien au-delà de la sphère économique. En fait, l'OMC ne s'intéresse pas seulement aux questions commerciales et aux échanges de marchandises : il s'agit d'éliminer toutes entraves à la concurrence et de modifier en ce sens le fonctionnement même des sociétés dans tous les aspects. 
 
Celle-ci a aussi changé la nature des flux commerciaux. Traditionnellement Nord-Nord ou Nord-Sud, les échanges commerciaux sont de plus en plus Sud-Sud, voir même Sud-Nord. D'anciens pays en voie de développement comme Singapour ou la Corée du Sud sont aujourd'hui devenus des puissances économiques incontournables grâce à la suppression des barrières tarifaires préconisée par l'OMC. 
 
De leur côté, les organisations non gouvernementales (ONG) influencent aussi le processus de mondialisation. Pour illustrer le propos, nous allons prendre l'exemple de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Dans cette organisation internationale, les 1300 ONGs ont un statut consultatif et peuvent attirer l'attention de la communauté internationale sur certains enjeux et peuvent aussi apporter une certaine expertise dans leurs champs de compétences. 
 
Il existe beaucoup d'autres cas où des acteurs non étatiques contribuent à la mondialisation qui ne pourront pas être développée dans ce texte. Pensons à internet et les médias sociaux qui ont fait éclater les frontières entre les individus ou les médias au sens large qui contribue à une homogénéisation de la culture mondiale pour n'en nommer que deux.

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