vendredi 22 octobre 2021

Le Canadien: Get woke, go broke?

* Texte paru dans Journal de Montréal du 21 octobre 2021 à lire ici

Marc de Foy l’a souligné dans son dernier billet: les bancs vides au Centre Bell se comptent maintenant par centaines. À la télévision également, les audiences sont en baisse et le tournant woke de l’équipe n’y est peut-être pas étranger.

Pour être parfaitement honnête, les performances décevantes de l’équipe en ce début de saison expliquent en partie la défection des fans et les règles sanitaires qu’imposent la pandémie doivent aussi en décourager plus d’un, mais le message de reconnaissance du territoire mohawk non cédé avant le début de chaque match du Tricolore fait également partie de la réponse. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet ne laisse pas indifférent. Historiquement douteux pour les historiens, la situation fait débat à l’Assemblée nationale, même le ministre responsable des Affaires autochtones Ian Lafrenière pense qu’il s’agit d’une erreur de la part de l’équipe. Étrange décision pour une organisation qui opte généralement pour une communication consensuelle… 

Du déjà vu dans le sport 

Wokisme et sport ne font généralement pas bon ménage et les exemples commencent à être nombreux pour le démontrer. 

Pensons à la NFL qui fut l’une des premières organisations sportives à prendre la tangente woke. Celle-ci supporte ouvertement le mouvement BLM et permet aux joueurs de mettre genoux à terre lors des hymnes nationaux (sacrilège chez l’Oncle Sam) afin de dénoncer la condition des noirs américains. Résultats : l’année 2020-2021 fut catastrophique en termes d’audience, le traditionnel match de Thanksgiving ralliant moitié moins de téléspectateurs que l’année précédente. 

Même son de cloche chez la NBA alors que les signales wokes s’enchainent, genoux à terre, la base, mais aussi avec des messages dénonçant le racisme systémique ou la violence policière pour remplacer le nom des joueurs sur les maillots lors de l’ouverture de la saison 2019-2020. 

Là encore les résultats furent catastrophiques en termes d’audience. Moins 70% lors du deuxième match de final opposant les Lakers de Los Angeles aux Heat de Miami par rapport au match 2 de l’année précédente. Du jamais vu en 40 ans… Cette année risque également d’être morose pour l’organisation alors que les audiences sont encore en baisse de 25% par rapport à la période pré-covid.

Finissons avec les Jeux olympiques de Tokyo qui ont vu s’enchainer les genoux à terre, les athlètes transgenres, les drapeaux nationaux renversés en signe de protestation et une équipe américaine de soccer féminin des plus revendicatrices. Là aussi ce fut une catastrophe, une moyenne de 15,5 millions de téléspectateurs sur le réseau américain NBC comparativement à 27,5 millions aux Jeux de Rio de 2016, une baisse de 41%. Ne décalage horaire n’expliquant pas cette baisse alors que le même réseau fit d’excellents scores lors des JO de Pékin en 2008. 

Juste pas le bon endroit... 

Pour revenir à nos Glorieux, le sport semble être un très mauvais endroit pour faire preuve d’une vertu morale ostentatoire. Nous regardons le sport pour se divertir, se changer les idées en mettant de côté nos problèmes le temps de 3 périodes (et peu plus si la game est serrée) et non pas pour nous faire faire la morale en nous culpabilisant sur les travers de notre société. 

En plus de ne pas être factuel, le message d’ouverture du Tricolore rebute une bonne partie des fans ne s’intéressant qu’aux performances sportives en plus de n’améliorer en rien la condition autochtone. 

Si les Canadiens de Montréal souhaitent réellement soutenir la cause des Premières Nations, grand bien lui fasse! Ils peuvent par exemple participer aux collectes de fonds d’organismes se dédiant à cette cause ou financer des équipes de hockey juniors dans les réserves, mais qu’ils laissent la messe du samedi soir tranquille, de grâce.

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