lundi 26 octobre 2020

Donald Trump, agent russe?

Marionnette à la solde du Kremlin pour plusieurs, lui assure que personne n’a jamais été plus dur envers la Russie. Qu’en est-il réellement? Alors que le premier mandat de Donald Trump prend fin, il est maintenant possible de faire le bilan de la question. 


Des débuts prometteurs

Il faut dire que cette étiquette lui colle à la peau depuis longtemps. Déjà lors de la campagne de 2016, le candidat républicain et le président russe semblaient s’apprécier. Le premier assurait qu’il y avait un moyen de bien s’entendre avec le second et le second espérait la victoire du premier. 

Cela n’avait rien de surprenant si on considère que Donald Trump exprimait déjà une volonté de sortir les États-Unis de plusieurs conflits qui avaient déjà trop duré. Afghanistan, Syrie, Irak, rebâtir les ponts avec Moscou était la suite logique. 

Rappelons qu’Obama eut la même approche à son arrivée à la Maison-Blanche, la fameuse politique du reset, alors même que la Russie venait de gagner une guerre éclair contre la Géorgie quelques mois auparavant. 

George W. Bush en son temps avait également manifesté sa volonté de laisser les mentalités de la Guerre froide derrière. Lors d’un sommet en Slovénie en juin 2001, il assura qu’il s’agissait du début d’une relation très constructive suite à une discussion privée où il a senti l’«âme» du dirigeant russe

Quant à Vladimir Poutine, le choix en 2016 était de choisir entre un candidat qui lui tendait la main et une candidate qui promettait d’être impitoyable avec lui. Peut-on vraiment lui blâmer d’avoir penché vers le milliardaire de New York? 


Des sanctions à la chaîne

On pouvait donc croire à un allègement des sanctions américaines lors du mandat Trump, spécialement lorsque sa première action dans le dossier a été d’assouplir certaines mesures concernant le domaine des technologies de l’information. Le répit a été de courte durée, dès le mois d’août de la même année, Trump signa une loi sanctionnant économiquement le secteur énergétique russe en lien avec l’ingérence russe en Ukraine. 

En mars 2018, l’administration Trump annonça des sanctions envers 5 organismes russes et 19 individus en lien avec l’affaire Skripal et la cyberattaque NotPetya. Le mois suivant, ce fut 24 individus et 14 entités qui furent sanctionnés à cause d’«activités malveillantes visant à déstabiliser les démocraties occidentales». 3 autres personnes et 9 entités rejoignirent la liste en novembre à cause de leur implication dans le dossier ukrainien. 

2019 fut du même acabit, en mars 6 individus et 2 compagnies ont été sanctionnés en lien avec l’altercation maritime russo-ukrainienne en mer noire. En août, ce fut le marché de la dette russe qui écopa de sanctions en raison de l’affaire Skripal et en septembre 6 individus et une compagnie furent également sanctionnés à cause de tentatives d’influence lors des élections américaines de mi-mandat de 2018. Trump termina l’année en imposant d’autres sanctions contre des entreprises associées au projet Nord Stream2, un projet de gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne par la mer. 

Bien que plus tranquille, 2020 a également connu son lot de sanctions. Wagner, une société de sécurité privée que détient l’homme d’affaires russe Evgueni Prigojine, et son entourage ont été sanctionnés en juillet et en septembre. Cette semaine, c’était au tour de l’Institut central de recherche scientifique en chimie et mécanique de subir les représailles de Washington en lien avec une cyberattaque datant de 2017. 


Un renforcement de la présence militaire

À bien des égards, la Russie n’a jamais été aussi sous pression que sous l’administration Trump. Du point de vue économique par des sanctions, mais c’est également le cas au niveau militaire. Au Nord, via le déploiement de 500 soldats américains supplémentaires en Lituanie qui s’accompagne d’aides militaires aux trois pays baltes qui sont en hausse constante, elles atteignent 175 M$ cette année. 


Au Sud, les exercices militaires Agile Spirit en Géorgie ont battu un record de participation cet été avec la participation de 3000 soldats dont la moitié étaient américains.


Un bilan sans équivoque

Plusieurs reprochent la gouvernance erratique du président américain, spécialement en ce qui concerne sa politique étrangère. Toutefois, sa position envers la Russie semble se démarquer par sa constante. Tout au long de son mandat, Trump a maintenu la pression sur la Russie et les deux pays n’ont jamais été aussi éloignés diplomatiquement depuis la fin de la Guerre froide. 

Si Vladimir Poutine a effectivement comploté pour placer Donald Trump à la Maison-Blanche, celui-ci doit maintenant s’en mordre les doigts. Nous pouvons critiquer le président américain à bien des égards, mais à la lumière de ses actes, être une marionnette à la solde du Kremlin ne semble pas faire partie de ses défauts.

2 commentaires:

  1. Parfaitement , comment dire que Trump est une marionnette du Kremlin quand on voit les nombreuses sanctions économiques des USA envers la Russie de V.Poutine - Tout est fait pour freiner au maximum le développement économique , industriel , financier de la Russie - Il y a aussi un paramètre tres important et que les médias occidentaux oublient volontairement , c'est , grace au réchauffement climatique la mise en valeur de la Sibérie et de l'Arctique Russe , et son potentiel pharaonique des matières premières de toutes sortes qui font de ces contrées le nouvel eldorado de la planète - Et pour cette raison , qu'on le veuille ou non , l'avenir est Russe ..........!!!

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  2. Vladimir Poutine "a effectivement comploté" on peut savoir en faisant quoi??? Accuser quelqu'un, d'accord, mais on le prouve, sinon c'est de la diffamation!!!

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